AgoraEU menacée : l'Europe ne peut pas sacrifier la culture, le journalisme et la société civile.

La proposition de la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne de réduire d’un tiers le budget du programme AgoraEU, présentée le 10 octobre 2026 dans le cadre des négociations sur le futur cadre financier pluriannuel (CFP), constitue un revers majeur pour l’avenir de la démocratie européenne. Cette réduction apportera des économies négligeables au budget de l'UE mais causera des dommages graves et irréversibles à la liberté de la presse, aux secteurs culturels et créatifs, ainsi qu'à la société civile, c'est-à-dire précisément les domaines qui sous-tendent les valeurs démocratiques de l'Union, surtout à un moment où ceux-ci en ont le plus besoin. Nous condamnons fermement cette réduction.
Alors que la Commission européenne avait proposé un budget de 8,6 milliards d’euros et que le Parlement européen avait préconisé un budget de 10,72 milliards d’euros, la proposition de la présidence irlandaise engagerait l’Union européenne sur la voie d’une austérité sans précédent si cette décision venait à être confirmée.
À l’heure où le recul de la démocratie, les pressions exercées sur les créateurs et les médias indépendants, ainsi que les menaces pesant sur l’espace civique ne cessent de s’intensifier à travers l’Europe, AgoraEU ne peut être considéré comme une ligne budgétaire en attente de coupes. AgoraEU regroupe déjà deux programmes sous un même toit et s’est vu confier une mission élargie. Des programmes qui, selon la Commission, étaient déjà poussés bien au-delà de leurs limites, contraints de rejeter d’excellentes candidatures faute de moyens financiers. La proposition irlandaise n’est que légèrement supérieure au montant total alloué aux programmes précédents, ce qui signifie qu’elle suit à peine le rythme de l’inflation. AgoraEU est un petit programme, mais un programme très important. Son enveloppe ne représente qu’une infime fraction du CFP global, mais il a pour mission essentielle de soutenir les piliers de nos démocraties : à savoir les droits et les valeurs, la société civile, le journalisme indépendant et les secteurs culturels et créatifs.
AgoraEU semble finalement être la principale cible des coupes prévues dans le futur cadre financier pluriannuel. Pourquoi les secteurs culturels et créatifs, le journalisme et la société civile devraient-ils payer un prix aussi disproportionné dans les compromis budgétaires européens ?
La présidence irlandaise, dont l’engagement en faveur du journalisme, des secteurs culturels et créatifs ainsi que de la société civile a été constamment réaffirmé tant au niveau national qu’européen, doit désormais traduire cet engagement en actions concrètes. Nous l’appelons à revoir d’urgence sa proposition et à veiller à ce que le financement soit à la hauteur des ambitions culturelles et démocratiques de l’Union.
Emma Rafowicz, co-rapporteure de la commission CULT, Socialistes et Démocrates (S&D)
Alice Kuhnke, co-rapporteure de la commission LIBE, Verts/ALE
Groupe du Parti populaire européen
Sabine Verheyen, rapporteure fictive de la commission CULT
François-Xavier Bellamy, rapporteur fictif de la commission LIBE
Hélder Sousa Silva, coordinateur de la commission CULT
Groupe des Socialistes et Démocrates
Hannes Heide, coordinateur de la commission CULT
Krzysztof Śmiszek, rapporteur fictif de la commission LIBE
Birgit Sippel, coordinatrice de la commission LIBE
Groupe Renew Europe
Brigitte van den Berg, rapporteure fictive de la commission CULT
Laurence Farreng, coordinatrice de la commission CULT
Veronika Cifrová Ostrihoňová, rapporteure fictive de la commission LIBE
Fabienne Keller, coordinatrice de la commission LIBE
Groupe des Verts/Alliance libre européenne
Diana Riba i Giner, rapporteure fictive CULT
Tineke Strik et Saskia Bricmont, co-coordinatrices LIBE
Groupe de la Gauche
Mario Furore, rapporteur fictif CULT
Carolina Morace, coordinatrice CULT
Pernando Barrena Arza rapporteur fictif LIBE
Estrella Galán, coordinatrice LIBE



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